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Messages

Affichage des messages du avril, 2018

Je suis Noire à l’intérieur

Dans les années 90, j’ai eu l’immense plaisir et privilège de danser dans une troupe afro-cubaine au pied de la Sierra Maestra, chaîne montagneuse sacrée de la Révolution castriste à Cuba. J’étais la seule danseuse blanche du groupe. La joke entre nous? J’étais Noire à l’intérieur. C’est Rafael, le maître-danseur qui enseignait la riche tradition des rythmes afro-cubains, qui disait cela, « Tienes sangre de Negra » (T’as du sang de Noire), à la blague évidemment, le rythme, tout comme la coordination d’ailleurs, n’ayant absolument rien à voir avec le sang, sa composition ou même les origines ethniques et le bagage héréditaire. Plein de Noirs ne savent pas danser, un autre mythe – « y’ont ça dans l’sang ».

Or même « Noire à l’intérieur », ma présence parmi cette troupe qui animait des vacanciers en quête d’exotisme en faisait réagir plus d’un, principalement chez les Blancs-ches : « Tu ne devrais pas t’abaisser à danser ces rythmes, t’es Blanche ». Ayoille. Et ce n’était ni le rhum vi…

Grande manifestation à Montréal

C'est samedile 28 avril 2018 qu'aura lieu la grande manifestation des travailleuses et des travailleurs dans le cadre de la Fête internationale des travailleuses et travailleurs du 1er mai. Le départ est prévu à 13h du Parc olympique à Montréal (métro Pie-IX), direction Parc Lafontaine.

Comme beaucoup de femmes sont deboutte mais à boutte au Québec - personnel de la santé, enseignantes, éducatrices, artistes, name it; en somme, les secteurs majoritairement féminins dans lesquels les libéraux* ont âprement sabré au cours des dernières années -, il devrait donc y avoir pas mal de monde, de bruit et d'ambiance. Venez nombreux-ses.

* À (re)lire avant les élections du 1er octobre : Les libéraux n'aiment pas les femmes, Aurélie Lanctôt, Lux, 2015.

Pas de cochon dans mon salon

« Les cochons ne sont pas les bienvenus dans Hochelaga-Maisonneuve », apprend-on aujourd'hui dans La Presse. Si c'est le cas, j'en connais une méchante gang qui devront quitter le quartier.

Les élections cubaines 2018

C’est dans 10 jours. Je voudrais y être, pour tout l’or du monde et quelques pesos. Seulement pour entendre ce que le pueblo raconte devant un bon corso, savoir ce que la population pense véritablement de ces élections, et bien-sûr sentir à nouveau ces effluves de café mélangés à l’air iodé et aux vapeurs d’échappement des vieilles voitures américaines.

Ce 19 avril 2018 sera une journée historique à Cuba en effet. Non pas tant pour le résultat des élections – il est déjà connu – mais cette date marque la fin très officieuse du régime castriste dans le pays. Fidel Castro y aura régné pendant près de 50 ans, quittant le pouvoir le 19 février 2008, passant par le fait même le flambeau à son frère Raúl, qui n’a jamais eu la cote, et surtout, le même charisme. Fallait entendre les interminables discours de Fidel à la télé, un orateur hors-pair, comme le sont habituellement tous les menteurs professionnels, les manipulateurs aguerris et les tyrans de ce monde.

Alors que le Granma, seul jou…

Ode à l’indignation (et autres mouvements)

Qu’est-ce que l’indignation sinon une colère en mouvement. Émotion primaire, elle incarne ce sublime élan interne de l’organisme toujours vivant. En ce sens, l’apathie et l’indifférence n’apparaissent-elles pas tel un étang hideux dénué de vie intérieure?

Si l’émancipation des individus et des peuples permet d’éradiquer de gênantes contraintes, encore faut-il les voir, les reconnaître, les nommer, en être pleinement consciente, au-delà dela propagande (machiste, marketing, politique, etc.) servant précisément à en brouiller les tenants.

On nous dira ce qui est bon pour nous, pendant que les décideurs eux-mêmes s’en priveront. On nous demandera d’être raisonnable, de se serrer la ceinture, de faire notre part, d’être courtoise, gentille, souriante, aimable, en somme, de se plier aux règles, de s'y soumettre, tandis qu’ils s’agiteront déraisonnablement dans l’opulence et la vile corruption à l’ombre d’un palmier royal dans un paradis fiscal.

La particularité de l’oppresseur est qu’…

Une femme qui dérange est forcément dérangée

Toutes les femmes qui expriment haut et fort leur mécontentement le savent, toutes celles qui dénoncent les injustices, brandissent les drapeaux de la colère et de l’indignation vous le diront, les grandes gueules féminines sont automatiquement étiquetées des « crisses de folles », des hystériques et autres noms de délurées réservés aux femmes, et surtout, conçus spécialement pour elles.

Plus de deux millénaires de folie féminine… ça commence à faire 
On l’oublie ou l’ignore tout simplement, mais le concept hippocratique de la « femme dérangeante » a bel et bien existé en Grèce antique. L’idée de réprimer les femmes en les traitant de folles n’a donc absolument rien de nouveau et dure depuis au moins deux millénaires.

Considéré le père de la médecine, Hippocrate vécut quelques 400 ans avant notre ère. Et comme il jeta les bases de la science, notamment des théories de l’humeur, et qu’il percevait de surcroît le corps de la femme comme une « dangereuse matrice » (« dangerous insides »)…

Où sont les femmes?

La controverse entourant la saison 2018-2019 des Grands Ballets canadiens de Montréal continue de faire des vagues, principalement dans le Canada anglais... Lisez l'article de Tessa Perkins Deneault, Where Are All the Women?, publié dans la revue The Dance Current.

Bonsoir, et bonne chance

J’ai travaillé assez longtemps dans un pays communiste pour voir de très près les tenants et aboutissants d’un régime abusif. J’en ai vu des vertes-kaki et des pas mûres; l’absence totale de liberté de presse, le contrôle de l’information, la désinformation, la surveillance continue des citoyens et des étrangers (même si j’étais loin de mener une vie à la Mata Hari, la « danseuse-espionne » qui n’était ni vraiment danseuse ni vraiment espionne), et évidemment, la propagande sous toutes ses formes, s’immisçant jusque dans les livres des enfants du primaire.

Et récemment, j’ai revu le film Good night, and Good Luck, le docudrame réalisé par George Clooney, écrit par lui-même et Grant Heslov, sorti en 2005. Je suis restée pantoise en écoutant les paroles du journaliste Edward R. Murrow (1908-1965): « We are currently wealthy, fat, comfortable, and complacent. We have a built-in allergy to unpleasant or disturbing information - our mass media reflect this. But unless we get up off our fa…