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Faire bouger le monde. N'importe comment.

Casse-Noisette s'en vient et les nombreuses publicités qui ont envahi la ville de Montréal depuis quelques semaines provoquent chez moi de l'urticaire, en plus d'une forte bouffée de chaleur frôlant la syncope. Non, ce n'est pas la ménopause (je vous emmerde), mais toutes les insidieuses opérations de marketing qui rognent notre culture, notre langue et notre pouvoir décisionnel me font clairement voir rouge.

Je ne parle pas du spectacle lui-même - ni de « l'accommodement » du pauvre gérant de la boutique Adidas ou même de la scandaleuse entente de Mélanie Joly avec Netflix -, mais bien du Boys Club des Grands Ballets canadiens de Montréal. Oui, oui, la compagnie de ballet classique à l'image féerique.

Une autre belle illustration de la suprématie machiste, exemple parfait qui pourrait servir au cours universitaire « Marketing patriarcal et instrumentalisation des femmes », s'il en était un.

En gros, le concept est simple, quelques hommes se pointent dans un domaine occupé à très forte majorité par des femmes, et dans le temps de dire ballet (ou balai), elles se font organiser. Il n'y a absolument rien de nouveau là-dedans, la méthode a largement été éprouvée par le passé et demeure fort actuelle (voir également Lab-école, trouvez l'erreur).

 « Tassez-vous d'là, les femmes. On s'occupe des vraies affaires, nous' autres, des grosses décisions... lucratives évidemment. »

Ainsi, au nom du « repositionnement de marque », d'« empreinte socioculturelle », de « bonification de l'expérience client » et autres étincelants concepts marketing vides de sens aveuglant le public, les Grands Ballets ont lancé une magnifique campagne de financement pour faire face à la
« stagnation des marchés » en générant de nouvelles sources de revenus sous le couvert d'un Centre "national" de danse-thérapie.

La grande opération marketing est évidemment accompagnée d'un beau discours entrepreneurial. On parle d'« innovation », de « partenariat », de
« mieux-être » - (kof, kof) demandons plutôt aux danseuses de la compagnie ce qu'elles en pensent, elles -, en plus de lancer par la même occasion un nouveau slogan. Or ce n'est pas tout de « faire bouger le monde autrement », encore faut-il le faire intelligemment et dans la bonne direction, pas en américanisant une profession.

Par la même occasion, on fait miroiter des emplois qui n'existent pas, tout en prétendant « soutenir la communauté ». Il faut arrêter de sauter partout en criant « transition de carrière » les boys, et revenir les deux pieds sur terre, bien ancrés dans l'austère réalité.

Et pendant que les coffres de la prestigieuse compagnie se remplissent, recevant des fonds publics de surcroît, les femmes, elles, s'appauvrissent, devant compléter des stages non-rémunérés, payer des droits et des cotisations aux Américains, en plus d'une formation de 3 mois, en anglais seulement, au coût exorbitant de 4500$ !

Pas certaine, mais je pense que les étudiant.e.s ont manifesté en 2012, créant un mouvement monstre de couleur rouge pendant des mois, pour pas mal moins que ça. Un chausson aux pommes avec ça?

L'ingérence de la compagnie de ballet classique dans le domaine de la santé ne profite que leurs propres intérêts et, encore une fois, ça manque de vision et de gonades (à ce propos, voir Les couilles sont mortes, vive les gonades!). Cette nouvelle entreprise des Grands Ballets ne sert aucunement la collectivité, le bien commun et l'économie de notre pays.

Au final, cette fantastique mascarade organisée au quart de tour par les Grands Ballets canadiens de Montréal, au sommet duquel ne règnent que des hommes, mine la profession de danse-thérapeute au Québec, affectant principalement les femmes, en plus de jeter de la poudre aux yeux des Québécoises et des Québécois.

Mais nous ne sommes pas dupes. Certaines voient clair, et rouge Casse-Noisette.
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Pour en savoir plus, Danse-thérapie Québec - NON à l'américanisation!
Pétition en ligne...  NON à l'américanisation de la danse-thérapie au Québec

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